Je suis arrivée en Inde avec une valise,
que jâavais voulu lĂ©gĂšre pour ne pas ĂȘtre trop chargĂ©e.
Mais Ă lâintĂ©rieur, sans doute plus de bagages invisibles que je ne voulais lâadmettre.
Et puis, sans prĂ©venir, dĂšs mon arrivĂ©eâŠ
les larmes sont venues.
Pas de tristesse identifiable.
Pas de choc particulier.
Juste⊠des larmes.
Elles sont montées comme un trop-plein qui déborde.
Comme si, en posant mes pieds sur cette terre,
quelque chose en moi sâĂ©tait enfin autorisĂ© Ă lĂącher.
Comme si mon corps savait, avant ma tĂȘte,
que jâĂ©tais exactement lĂ oĂč je devais ĂȘtre.
âš Des phrases qui touchent le cĆur
Il y a des mots, parfois,
qui nâexpliquent rienâŠ
mais qui révÚlent tout.
Une phrase prononcée par hasard.
Une remarque en apparence anodine.
Et soudain, le cĆur sâouvre.
La vĂ©ritĂ©, celle que lâon ne regardait plus,
ou du moins quâon pensait avoir guĂ©rie,
se présente, nue, bouleversante.
Pour moi, câest arrivĂ© lors dâun simple exercice.
Quelquâun mâa touchĂ©e. Mâa dĂ©signĂ©e.
A dit quelque chose sur mon corps.
Et lĂ , une brĂšche sâest ouverte.
Une douleur ancienne sâest invitĂ©e.
Et avec elle⊠une lueur de compréhension.
Comme si cette phrase, cet instant, me murmurait doucement :
« Tu es ici pour ça.
Pour entendre ce que tu nâavais jamais pu entendre.
Pour voir ce que tu avais rangé trop loin. »
đïž Ici et maintenant
Je ne suis pas venue ici par hasard.
Je le savais déjà .
Mais je commence Ă comprendre pourquoi, vraiment.
Pas avec des mots bien rangĂ©sâŠ
Mais avec des ressentis, des secousses,
des frissons dans le corps, des Ă©lans dans lâĂąme.
Ce voyage nâest pas un simple apprentissage.
Câest une rencontre avec des parts de moi oubliĂ©es.
Celles qui attendent depuis longtemps que je les reconnaisse.
Celles qui, pour guérir, ont juste besoin
dâun regard, dâune prĂ©sence, dâun souffle.
Alors je pleure parfois sans raison.
Ou plutĂŽt :
Je pleure enfin avec raison.
Et je remercie la vie,
les mots,
les silences,
de mâemmener si loinâŠ
pour me ramener si prĂšs.
