Lettre Ă celui qui mâa toujours portĂ©e
Mon corps,
Toi qui as tant marché, tant couru, tant porté,
Toi qui fus mon allié silencieux, puis mon messager brûlant,
Je veux aujourdâhui te regarder avec des yeux neufs.
Je comprends, enfin,
Que tu nâas jamais Ă©tĂ© contre moi.
Tu mâas simplement murmurĂ© ce que je refusais dâentendre.
Tu as ralenti mes pas pour que je me retourne vers lâintĂ©rieur.
Tu as tordu mes appuis pour que je ne fuie plus mes vérités.
Tu nâes pas brisĂ©, tu es en chemin.
Et moi aussi.
Je ne veux plus te juger, te contraindre, te forcer à obéir.
Je veux tâaimer dans ta vĂ©ritĂ©, tâĂ©couter, tâapprivoiser,
Et peut-ĂȘtre mĂȘme te faire danser Ă nouveau.
Je nâattends pas de toi que tu sois parfait.
Je te remercie dâĂȘtre vivant, sensible, rĂ©actif, sincĂšre.
Je mâengage Ă ne plus nier ta douleur,
Mais Ă la reconnaĂźtre comme une voix,
Pas comme une condamnation.
Je pars bientĂŽt vers un monde nouveau,
Et je tâemmĂšne avec moi,
Pas comme un poids,
Mais comme une présence sacrée,
Un temple que je choisis dâhabiter pleinement.
Je crois en ta capacité à guérir,
Ă tâadoucir,
Ă respirer librement.
Et si la guĂ©rison passe par lâamour,
Alors je commence ici.
Par tâaimer aujourdâhui, exactement tel que tu es.
