Pourquoi ce choix ? Quand le yoga devient chemin.
Au dĂ©but, le yoga nâĂ©tait pour moi quâun simple complĂ©ment Ă mes entraĂźnements sportifs : une façon de rĂ©cupĂ©rer, de mâĂ©tirer, de me dĂ©lier aprĂšs lâeffort. Je le pratiquais avec lĂ©gĂšretĂ©, sans en saisir la portĂ©e subtile.
Mais tout a changĂ© lorsque jâai Ă©tĂ© diagnostiquĂ©e dâune spondylarthrite ankylosante (SPA).
Cette maladie est venue bouleverser mes repĂšres.
Mon corps ne rĂ©pondait plus comme avant. La douleur sâinvitait, tenace. Et avec elle, la peur des traitements lourds, du ralentissement, de la perte.
Alors jâai commencĂ© Ă pratiquer le yoga diffĂ©remment.
Avec régularité. Avec écoute. Avec espoir.
Jâai suivi un stage pour apprendre Ă ĂȘtre autonome dans ma pratique, et là ⊠une transformation subtile et puissante a commencĂ©.
Mon corps sâest assoupli, mais pas seulement.
Je devenais plus souple intérieurement, plus fluide dans ma maniÚre de vivre.
Comme un roseau, je pliais sans rompre, je me laissais traverser par les vents, sans résister.
Le yoga mâa rĂ©appris Ă danser avec les Ă©lĂ©ments, au lieu de lutter contre eux.
Et tout est devenu plus léger : mon corps, mon souffle, mon mental.
Face Ă cette expĂ©rience, une Ă©vidence sâest imposĂ©e :
âš Je voulais transmettre, partager, aider celles et ceux qui, comme moi, cherchent un chemin de mieux-ĂȘtre, un moyen de se relier Ă eux-mĂȘmes.
Mais pour cela, je voulais ĂȘtre lĂ©gitime. Jâai donc entamĂ© une formation de 154 heures, visant un certificat reconnu par lâĂtat pour concevoir et animer des sĂ©ances de yoga.
Au départ prévue en présentiel, la formation a été transformée en distanciel faute de participants.
Déçue mais motivĂ©e, jâai dĂ©cidĂ© de continuer.
Mais trÚs vite, je me suis rendu compte que cette modalité ne me convenait pas.
Les cours étaient impersonnels, trop nombreux pour que chacun soit accompagné.
Et puis un jour, lors dâun cours en petit groupe, nous devions chacun lire un passage du manuel.
Je mâĂ©tais prĂ©parĂ©e. Mais la formatrice a lu Ă ma place, sans sâen rendre compte.
Ce dĂ©tail, insignifiant en apparence, mâa profondĂ©ment touchĂ©e : je nâĂ©tais pas vue, pas reconnue.
Ce jour-lĂ , jâai su que ce nâĂ©tait pas le bon lieu, ni la bonne Ă©nergie.
Jâai quittĂ© la formation. Avec regret, oui, mais aussi avec un immense soulagement.
Parce que je ne voulais pas abandonner mon rĂȘve, mais le recentrer.
Et alors une Ă©vidence sâest imposĂ©e, plus forte que mes peurs, que les obstacles, que la distance :
âš Si je veux apprendre, que ce soit Ă la source. LĂ oĂč le yoga est nĂ©. En Inde.
Les doutes sont tombés un à un : la barriÚre de la langue, le budget, la peur de partir seule.
Mon cĆur savait.
Et cette pensée de partir⊠me faisait sourire.
Alors, jâai expliquĂ© mon choix Ă mon mari, Ă mes proches.
Ce nâest pas toujours simple de dire que lâon doit partir pour se retrouver.
Mais jâai eu la chance dâĂȘtre entourĂ©e et soutenue, et jâen suis infiniment reconnaissante.
Car au fond, le plus important nâest pas que tout le monde comprenne.
Mais que moi, je mâĂ©coute. Que moi, je me donne la permission dâavancer.
Câest ainsi que jâai choisi le Satya Yoga Ashram, Ă Rishikesh, pour vivre cette formation, ce pĂšlerinage intĂ©rieur.
Jâai posĂ© mes congĂ©s, rĂ©servĂ© mon vol, validĂ© mon inscription.
Et dĂ©jĂ , sans ĂȘtre encore partie, je ressens les bienfaits de ce choix.
Parce que parfois, suivre son intuition, câest dĂ©jĂ le dĂ©but de la guĂ©rison.
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