🌿 Quand le silence protùge

Hier, nous avons visitĂ© le Sivananda Ashram, l’un des plus grands et des plus rĂ©putĂ©s de Rishikesh.
Un lieu chargĂ© d’histoire, fondĂ© sur les enseignements de Swami Sivananda, oĂč la vibration du sacrĂ© se ressent dans chaque pierre, chaque regard, chaque silence.

Autour de moi, beaucoup ont Ă©tĂ© bouleversĂ©s : certains ont pleurĂ©, d’autres ont senti une chaleur, une expansion, un Ă©lan du cƓur.
Moi, en sortant, j’ai ressenti une oppression.
Pas d’ouverture soudaine, pas d’émotion extatique, juste ce poids lĂ©ger sur la poitrine, comme un souffle retenu.

Au début, je me suis demandé :

“Pourquoi pas moi ? Pourquoi je ne ressens rien ?”

Et puis, peu à peu, la réponse est venue.

Avant d’arriver Ă  l’ashram, nous avions traversĂ© les rues animĂ©es de Rishikesh : les klaxons, les marchands, les couleurs, les chants, la vie partout.
Toute cette agitation, aussi fascinante qu’épuisante, avait dĂ©jĂ  saturĂ© mes sens.
Mon corps, mon espace intĂ©rieur, n’avait plus de place.
Alors, au lieu de s’ouvrir, il s’est protĂ©gĂ©.

Pas par fermeture du cƓur.
Mais par sagesse.

Parce que se protĂ©ger, ce n’est pas refuser l’énergie, c’est la recevoir Ă  son rythme, quand le moment sera juste.
C’est un rĂ©flexe d’amour envers soi, une maniĂšre de dire :

“Laisse-moi d’abord retrouver le silence avant d’accueillir la lumiùre.”

Je crois que l’énergie du Sivananda Ashram ne m’a pas traversĂ©e sur l’instant.
Elle s’est dĂ©posĂ©e plus subtilement, comme une graine invisible.
Certains reçoivent par une vague, d’autres par une brise.
Moi, j’ai reçu en diffĂ©rĂ©, dans ce calme aprĂšs l’intensitĂ©.

Aujourd’hui, je ne vois plus cette “non-rĂ©action” comme un manque,
mais comme une autre forme de sensibilitĂ©, celle du roseau qui plie avant de s’ouvrir Ă  la lumiĂšre.

Parce qu’en vĂ©ritĂ©,
mĂȘme quand rien ne semble se passer

quelque chose en nous se transforme dĂ©jĂ . 🌾

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